Réfugiés: welcome or not welcome ?

Quelques chiffres pour situer l’ampleur de la crise des réfugiés au Moyen-Orient et en Europe

La Belgique, l’Europe et toute la Méditerranée sont confrontés à un afflux exceptionnel de demandeurs d’asile. Pour rappel, un demandeur d’asile n’est pas un migrant économique. C’est une personne confrontée à une menace, qui recherche une protection et qu’on appelle « réfugié » dès lors qu’il la reçoit de la part d’un Etat. Depuis l’été, la Belgique en a accueilli plusieurs milliers et étudie chaque cas individuellement. La plupart de ces gens fuient la guerre en Syrie mais ils sont aussi nombreux à fuir l’insécurité en Irak, en Afghanistan ou encore en Erythrée. Le conflit syrien, à lui seul, a déplacé près de 8 millions de personnes à l’intérieur du pays et vers les pays voisins. Depuis le début de la guerre, il y a 4 ans,  la Turquie en a accueilli 2 millions, le Liban 1,2 million et la Jordanie un peu moins d’1 million. A l’analyse des chiffres, on s’aperçoit vite que l’Europe (avec 68.000 statuts accordés en 2014 et 120.000 prévus en 2015) a, en comparaison, accueilli proportionnellement peu de réfugiés.

Au cœur du problème : le conflit en Syrie

 Le conflit en Syrie est un produit des révoltes arabes qui ont commencé fin 2010. Si certains ont comparé le déclenchement de ces événements à un « jeu » de chutes de domino, la situation de la Syrie rappelle plutôt le principe du Mikado où le moindre mouvement qui modifie un équilibre entraîne d’autres déséquilibres en cascade. Mais le conflit en Syrie, c’est aussi un combat du mal contre le mal. Depuis 2011, le gouvernement du Président Bachar El Assad, soutenu par ses alliés notamment russes et iraniens, s’est rendu coupable de crimes de guerre à grande échelle. En face, l’opposition s’est organisée sur différents fronts et en plusieurs groupes concurrents, dont on retiendra surtout la sinistre organisation Etat islamique (aussi appelée Daech). Le degré de violence extrême qu’a produit le face à face de ces deux camps a déjà fait plus de 200.000 victimes. Si on ajoute à cela l’effondrement économique des zones prises dans le conflit, on comprend que les populations civiles n’ont la plupart du temps que deux options : partir ou mourir.

Une opinion publique européenne divisée

Poussée dans le dos par la droite nationaliste et populiste, l’opinion publique européenne se déchire sur la question des réfugiés. Les clichés qui sont diffusés à leur sujet sont souvent faux (« On fait plus pour eux que pour nos pauvres » « Ils vont prendre notre travail » « Des terroristes se sont glissés parmi eux », etc.). Malheureuement, ils ont pour conséquence de créer des micro-climats de xénophobie dans des milieux de plus en plus nombreux. Fort heureusement, d’autres parties de la population, notamment à Liège, donnent l’exemple de la solidarité, du dévouement et de la main tendue.

Les Socialistes se mobilisent pour une réponse européenne, responsable et humaine !

Puisque la crise actuelle des réfugiés est la conséquence de la guerre en Syrie, il faut donc commencer par exiger du gouvernement fédéral, de l’Union européenne et des Nations Unies qu’ils mettent l’ensemble de leurs moyens diplomatiques au service de la négociation de solutions pour le Moyen-Orient. Pour ce qui concerne la question des réfugiés, la réponse doit être une réponse européenne, harmonisée en termes d’accueil et d’installation. Depuis de très nombreuses années, le PS se bat pour un statut et des procédures européennes communes pour gérer l’immigration et l’asile. La réponse doit aussi être responsable. Contrairement à la N-VA qui agite les fantasmes et les angoisses jusqu’au sein du gouvernement fédéral, il faut répondre aux inquiétudes de la population par la pédagogie en rappelant que la Belgique est tenue de respecter non seulement ses engagements européens mais aussi internationaux, à commencer par la Convention de Genève. Il faut également travailler à l’intégration des nouveaux arrivants. Enfin, la réponse doit être humaine. Fermer la porte d’entrée au nez de femmes, d’hommes et d’enfants qui cherchent une protection face à la guerre peut-elle être une option pour un Etat démocratique avancé?

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