Joseph Bondas (Seraing 25 novembre 1881 – Seraing 1er Janvier 1957)

Fils de mineur, Joseph Bondas est issu d’une famille de sept enfants. Apprenti mouleur, il s’affilie à la section serésienne des Jeunes Gardes Socialistes dès l’âge de 13 ans. En compagnie de Julien Lahaut, il fonde un syndicat métallurgiste à Seraing dès 1905 : Relève-Toi, dont il est le Trésorier jusqu’en 1912. Pendant cette période, il est Secrétaire permanent de l’Office des Accidents de Travail de la Fédération des Métallurgistes (1908-1912), puis Secrétaire de l’Office Intersyndical de Liège (1912-1917).

Appelé vers de nouvelles responsabilités, Joseph Bondas va s’imposer comme une des personnalités les plus influentes du syndicalisme de l’entre -deux guerres. Il accède successivement aux poste de Secrétaire permanent de la Fédération Générale de la Fédération des Syndicats de Liège-Huy-Waremme (1917),  de Secrétaire Général de la Fédération des Métallurgistes de la Province de Liège (1919) et de Secrétaire de la Commission Syndicale du POB (1921). Il cumule ses différentes fonctions jusque 1940 et l’entrée en guerre de la Belgique. C’est aussi à cette époque qu’il est élu Conseiller communal à Seraing de 1921 à 1926.

En 1919, un débat agite le POB, faut-il ou non participer au gouvernement ? Tout comme François Van Belle, Bondas fait partie des « antiministérialistes » mais, minoritaire au sein du Parti, il doit s’incliner. Homme d’écriture, il publie Les Vacances Ouvrières en 1923. Il y compare les différents systèmes de congés payés en Belgique et à l’étranger. Cet ouvrage reste longtemps une référence pour les défenseurs de cette avancée sociale. Il est Commissaire Royal au contrôle de la fabrication et du commerce des matériels et munitions et engins de guerre en 1937 et 1938.

En 1940, Secrétaire Général de la CGTB Joseph Bondas se réfugie en France, avant de rentrer en Belgique. Face à l’attitude collaborationniste d’Henri De Man et d’autres leaders de la « Gauche », le syndicaliste s’investit dans la Résistance. Dès novembre, il publie des circulaires dénonçant les agissements d’Henri De Man et de la Nouvelle CGTB. En mai 1941, ces circulaires prennent le nom de Combattre, puis de Vaincre. Bondas collabore aussi au journal clandestin Le Monde du Travail. Le 23 mars 1942, sept dirigeants syndicaux liégeois sont arrêtés, Bondas comprend alors qu’il est temps pour lui de fuir en Angleterre. A Londres, il renforce les liens entre la CGTB et le Centre Syndical Belge (CSB) et remplace Joseph Rens en tant que Secrétaire Général. Le CSB représentait les 8 000 travailleurs belges présents outre-manche, préparait l’après-guerre et – via les ondes de la BBC – demandait aux travailleurs belges de se méfier de l’UTMI. Recommandé par Paul-Henri Spaak, il accède au poste de Secrétaire d’Etat à l’Aide aux Réfugiés, au Travail et à la Prévoyance Sociale en 1943 et 1944.

A la libération, Bondas participe à la reconstruction du syndicalisme et au Congrès de fusion d’avril 1945 : la CGTB se mue en FGTB (fusion de quatre mouvements syndicaux : CGTB, MSU, CBSU et CLS) et Joseph Bondas en est le Secrétaire Général jusqu’en 1947. Il part alors à la retraite et rédige l’histoire de la CGTB.